Partie 3 : La déglutition

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Dernière mise à jour : 2016-02-01

3. La déglutition

3.1. Définition

Elle permet le transport du bol alimentaire (vidange des aliments, eau, salive) de la bouche vers l'estomac. Le pharynx est une zone tampon entre les voies digestives et aériennes. Nécessité de contrôle précis de cette région pour éviter que les aliments aillent vers les régions aériennes.

3.2. Organes impliqués

Langue: fait partie des muscles striés, la commande est assurée par le système nerveux somatique notamment le nerf XII.

Pharynx(avec le larynx, sont très proches): fait partie des muscles striés. A pour particularité d'avoir la plupart des muscles fixés sur du cartilage, donne une très grande plasticité à cette région, lui permet de s'adopter à la fonction digestive et respiratoire. En lien avec les fosses nasales.

Oesophage : organe creux, fait environ 20 cm de long. Sa paroi est organisée de façon assez similaire aux autres parties du tube digestif.

Il y a différentes parois digestives. La plus interne : muqueuse formée d'un épithélium = couche de cellules qui fait barrière entre la lumière et la paroi. Différentes caractéristiques : épithélium pluristratifié, de type squameux. Ressemble à la peau = épithélium épidermoïde. Repose sur la lame basale = fine couche de tissu conjonctif relativement organisé et sur le chorion= lamina propria= tissu conjonctif lâche, a des terminaisons vasculaires et nerveuses qui apportent les nutriments aux cellules épithéliales + informations nerveuses. Plus profonde du chorion : très fine couche de cellules musculaires lisses, principalement filaments d'actine = couche musculaire muqueuse. Le tout = muqueuse. En dessous, tissu conjonctif lâche = sous-muqueuse. Distinction avec la muqueuse importante dans les cancers digestifs qui se développent aux dépens de l'épithélium, envahit la profondeur. En dessous : couche beaucoup plus organisée de cellules musculaires sur tout le tube digestif = cellules musculaires lisses avec deux couches distinctes :

=> le coexistence des deux couches est importante dans la genèse d'activité motrice = péristaltisme.

La paroi est enveloppée par une couche séreuse, formée de tissu conjonctif très dense, organisée : espèce de protection de l'ensemble de l'organe.

Couche musculaire de l'oesophage présente deux zones :

Zone de transition : mélange de fibres musculaires striées et lisses.

Estomac : notamment la partie proximale. Organe creux. Se distingue de l'oesophage par son épithélium qui est monostratifié (une couche de cellules) de type glandulaire. La musculeuse a 3 couches musculaires plus ou moins complètes

L'oesophage est limité à ses deux extrémités par des zones fermées au repos, en absence de déglutition :

3.3. Commande nerveuse

3.3.1. Centre bulbaire

Il est situé au niveau du tronc cérébral, à proximité du centre de la salivation et de la respiration. Il est impossible de déglutir et de respirer en même temps.

3.3.2. Afférences et efférences

Le centre bulbaire reçoit des informations centralisées au niveau du faisceau du tractus solitaire. Il intègre les informations en provenance de la partie haute du tractus digestif, véhiculées principalement par les IXème et Xème paires des nerfs crâniens.

Il n'y a pas de noyau très identifié de contrôle : c'est plutôt un réseau de neurones, situés sous le faisceau du tractus solitaire. Il peut recevoir des informations directement en provenance du cortex.

A partir du réseau neuronal, les neurones agissent sur deux noyaux distincts :

Les informations descendantes = efférences pour le noyau moteur dorsal du vague sont véhiculées par la Xème paire et pour le noyau ambigu par les IXème et XIIème paires.

Les muscles lisses sont innervés par le système nerveux autonome, essentiellement innervation parasympathique :

3.3.3. Système nerveux intrinsèque

Il y a deux plexus au niveau du tube digestif (tout le long du tube digestif) de l'extérieur vers l'intérieur :

Ils sont sous le contrôle des ramifications du nerf vague. Ils sont impliqués dans le contrôle du péristaltisme oesophagien et digestif par action de contrôle de l'activité contractile des muscles lisses de la paroi digestive.

Si dénervation de l'oesophage (coupe les rameaux du nerf vague), on observe des séquences péristaltiques en l'absence de contrôle.

3.4. Déroulement de la déglutition

Au repos, le sphincter supérieur de l'oesophage et le pharynx sont orientés de façon à permettre la respiration. Le sphincter supérieur de l'oesophage est fermé avec une contraction tonique relativement importante du muscle cricopharyngien. L'état de fermeture est assuré par une stimulation répétitive des neurones qui se projettent sur le muscle.

Au niveau du corps de l'oesophage, dans la lumière, la pression est négative car dans la cavité thoracique, est réalisée une pression négative.

Le sphincter inférieur de l'oesophage est fermé principalement pour prévenir le reflux. La fermeture est spontanée (contraction myogène) : propriétés particulières des fibres musculaires du sphincter. Elles se relâchent lors d'une stimulation.

La fréquence de déglutition est extrêmement variable. Spontanément, la nuit, elle est de 2 à 3 par minute.

L'initiation de la déglutition peut être automatique et est initiée volontairement. On ne peut contrôler que la partie initiale de la déglutition. La suite de la séquence est automatique, est contrôlée par le centre de la déglutition.

La déglutition est segmentée en 4 temps :

2.5. Exploration de la déglutition

2.5.1. Radiocinéma

C'est un moyen d'étude de la partie proximale, c'est-à-dire de la séquence bucco-pharyngienne. Système très précis, séquences radiographiques très rapides : substance opaque aux rayons chimique : suit le bol.

2.5.2. Manométrie

Ce moyen d'étude explore plus la partie basse. On mesure des pressions à l'intérieur de la lumière du tube digestif : du pharynx jusqu'à l'estomac. La sonde est introduite par le nez pour mesurer les pressions.

2.6. Physiopathologie

Les altérations de la déglutition sont liées à des anomalies du fonctionnement du centre : dans certains nombres d'accidents vasculaires, cérébraux : défaut de vascularisation qui détruit les neurones de la région, comme la maladie de Parkinson également. Cela entraîne essentiellement des problèmes de fausse route, jusqu'à parfois la nécessité de tuyau dans l'estomac : court-circuit. Ces anomalies concernent plus les plexus ou éventuellement les muscles.

2.6.1. Reflux Gastro-Oesphagien

Sont très fréquentes : la prévalence est de l'ordre de 10 %.

La jonction ne joue pas son rôle d'anti-reflux : soit à jeun (acide), soit après le repas (aliments).

Régurgitation, pyrosis : brûlures rétrosternales favorisées par l'ingestion de substances alcoolisées.

Hernie hiatale : perte de congruence entre les piliers du diaphragme et du sphincter inférieur de l'oesophage => perte de l'efficacité de la valve anti-reflux => lésions de la muqueuse oesophagienne (acide) => ulcères, oesophagites.

Traitement : boire un peu moins, médicaments : inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) diminuent l'acidité du contenu gastrique, chirurgie : refont une valve anti-reflux efficace.

2.6.2. Achalasie

Caractérisée par des lésions (dont on ne connaît pas l'origine). Destruction des motoneurones inhibiteurs, plexus du nerf oesophagien => 2 conséquences :

Traitement : on peut couper, déchirer le sphincter inférieur de l'oesophage pour permettre aux aliments de descendre soit avec une chirurgie (myotomie) ou technique endoscopique (dilatation pneumatique => ballon assez volumineux de 3-4 cm de diamètre qu'on met sur un cathéter, on gonfle le ballon avec de l'air au niveau de l'oesophage => déchire le sphincter inférieur de l'oesophage = équivalent d'une myotomie).


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